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On dit qu'on ne se rend compte de ce qu'on a seulement une fois qu'on ne l'a plus.

Depuis que je suis partie, ce dicton s'est malheureusement (ou heureusement) vérifié en ce qui me concerne. Seulement, là où j'ai de la chance c'est que je peux retrouver ce que j'avais alors que ce n'est pas toujours le cas. Ainsi donc, après 1 mois et demi de vadrouille entre la Malaisie et l'Australie, il est déjà temps pour moi de regagner ma Suisse natale. Comme vous le savez sur vous me suivez sur Facebook également, mon retour est prévu pour le 20 octobre prochain.

Je vois déjà certains d'entre-vous avec de grands yeux, un sourire peut-être mais aussi de l'incrédulité. Eh oui, tout le monde peut se tromper même en partant en croyant être sûr de soi. J'étais persuadée que j'étais une voyageuse, j'avais des envies d'ailleurs et d'aventure. J'ai eu tout cela, simplement cela n'aura pas duré 1 an, 2 ans voire toute la vie mais 6 semaines. Je suis plus une bourlingueuse qu'une aventurière et je préfère le voyage en lui-même à sa destination. Par exemple, je n'ai rien contre faire 25h-30h d'avion, de train ou de bus (j'ai tout fait) et ceux qui me connaissent le savent bien (combien m'ont dit "ca fait loin" et j'ai préféré aller seule que pas du tout, peu importe la distance et le temps que ça prend) mais m'établir ailleurs qu'à Lausanne, pour le moment, ça ne me dit rien. J'ai le mal du pays et j'en suis la première surprise car je n'avais qu'une envie, c'était de quitter la Suisse pour un moment. Mais cette expérience m'aura ouvert les yeux tant sur la ville où je suis née que sur les petits détails du quotidien qui m'ont ma foi manqué pendant mon voyage.

La vie dans les auberges, c'est fatiguant car ce sont des fourmillières, avec beaucoup de monde, beaucoup de mouvement, pas mal d'instabilité: on réserve presque de nuit en nuit, on ne défait jamais son sac soit par manque de place, parce que c'est pas très propre ou parce qu'on est éparpillés avec les amis et qu'on peut à tout moment avoir une chambre qui se libère pour tous nous caser. Mais d'un autre côté, il y a beaucoup d'interactions et de rencontres (certes éphémères). Comme partout, il y a du bien et du moins bien mais ce type de vie n'est pas fait pour moi, je suis quelqu'un qui d'assez casanier. Je me suis rendue compte que la liberté totale, c'est bien pendant un moment, mais après un certain temps j'ai quand même besoin d'un certain cadre, d'une certaine stabilité. Quant aux détails du quotidien, rien que le fait de faire les courses commençait à devenir pénible. On ne connaît ni la qualité des produits, ni tous les prix alors devoir toujours tout comparer pour voir lequel de ces produits est le moins cher (même si ce n'est que 20 cts) mais a la plus grande quantité ça finit par être barbant.

Vous l'aurez compris, je réalise que j'ai besoin de ce dont je ne pensais pas avant de partir: quelques habitudes, un petit peu de routine (je ne vais pas tomber dans l'autre extrême non plus) et des repères. Ceci dit, cette expérience n'a pas que du négatif non plus. J'ai eu la chance (oui et non, je m'en suis donné les moyens) de voir beaucoup d'endroits et de vivre beaucoup de choses en peu de temps. J'ai également fait des rencontres, plus ou moins positives, et il est clair que mes compagnons de "longue" date (Audran, Lamya et Antony) vont me manquer, on a partagé beaucoup et ça je ne le regrette pas. Je remercie également Eunice, Patricia et Jolene, mes amies malaisiennes, pour leur accueil, leur sens du partage et leur bonne humeur même si elles ne liront pas ce message car elles ne comprennent pas le français (Patricia est entrain de l'apprendre). Enfin, je remercie également les personnes qui se reconnaîtront pour leur soutien, avant et pendant cette aventure. J'espère que ce petit blog vous a plu et je suis navrée qu'il doive déjà s'arrêter aujourd'hui. J'espère que cet article final aidera certaines personnes à comprendre ma décision et je vous souhaite à toutes et tous une bonne continuation.

Par Nathalie, le 9 octobre 2009
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